Grosse frayeur sur l’Arête des Cosmiques…

L’alpinisme est l’une des activités les plus fascinantes et exigeantes au monde, offrant aux amateurs de montagnes des défis physiques et mentaux uniques. Parmi les innombrables sommets et itinéraires à travers les Alpes françaises, l’Arête des Cosmiques, située dans le massif du Mont-Blanc, est une expérience exceptionnelle qui attire des grimpeurs du monde entier. Cette arête, qui surplombe la vallée de Chamonix, est une merveille de la nature, un défi pour les alpinistes chevronnés et une aventure inoubliable pour tous ceux qui osent s’aventurer sur ses crêtes effilées.

Cette saison d’hiver était la saison de toutes les expériences. Vivant à Chamonix, capitale mondiale de l’alpinisme, il était évident qu’un jour je m’initierai à cette discipline exigeante, impressionnante, mais tellement satisfaisante. Cependant, étant sujet à la peur du vide, cette sortie était une épreuve plus que difficile…

Une course d'arête vertigineuse

Rendez-vous à 8h devant le téléphérique de l’Aiguille du Midi avec mon guide Fred Bernard pour m’initier à l’alpinisme et faire cette course d’arête mythique de Chamonix.

Petit café avant l’ouverture, vérification du matériel. Crampons, casque, piolet, gants, lunettes, broches, cordelette, reverso… tout le matériel d’alpi est là, accroché à mon baudrier. Je suis fin prêt.

On monte dans la benne, serrés comme des animaux comme d’habitude. La tension monte. Deuxième téléphérique pour arriver au sommet. Ça y est.

Fred m’apprend quelques manipulations de corde, de secours en crevasse, avant qu’on s’engage sur l’arête. Plus de retour possible. Il faut y aller.

Encordés, cramponnés, on passe la petite barrière, ça y est on sort. Il fait gris. On descend l’arête – non équipée à cette période – avant de se retrouver sur l’immense étendue de neige et de glace. 

Une montée de 240m nous attend pour une durée d’environ 3h30 avant de redescendre par la cabine.

La première montée dans le brouillard
La première montée dans le brouillard

Une marche d’approche sous la face Sud de l’Aiguille nous amène au col entre le refuge des Cosmiques et l’abri Simond à 3600m d’altitude.

Première montée avec vue sur l'abri Simond, le refuge des Cosmiques et les 3 Monts
Première montée avec vue sur l'abri Simond, le refuge des Cosmiques et les 3 Monts
L'abri Simond, le refuge des Cosmiques et les 3 Monts
L'abri Simond, le refuge des Cosmiques et les 3 Monts

Tout commence gentiment par une pente de neige de plus en plus raide avant d’atteindre l’Éperon des Cosmiques. En plus le soleil fait son apparition et chasse les nuages ! Tout semble plutôt facile à ce moment-là, je suis en plein kiffe.

Pour l'instant, tout va bien
Pour l'instant, tout va bien

Mais à l’éperon, un premier rappel nous fait face. Passé sans trop de difficulté, bien qu’un peu stressé, je me dis que tout va bien quand j’arrive de nouveau sur le plat. La visibilité est bonne, malheureusement…

Un guide et son client sont devant moi, je dois donc attendre au relais, les pieds presque dans le vide… Et quel vide ! 1000m à gauche, 200m à droite, et comme plateforme, une arête d’une trentaine de cm de large (bon, peut-être que j’exagère, mais dans ma tête c’était vraiment étroit).

Je patiente ici, accroché comme je peux à la paroi, le cœur battant à mille à l’heure. Mon guide Fred passe le premier sur ce deuxième rappel. Je patiente afin qu’il puisse m’assurer correctement et me lance. Ce n’est vraiment pas évident quand on n’en a jamais fait, je bascule de tous les côtés… mais j’arrive à atteindre le bas du rappel. J’avance jusqu’au prochain relais.

Je ne saurais plus dire par quelle voie nous sommes passés – d’autant que j’ai perdu les rushs GoPro, ça fait toujours plaisir – mais dans tous les cas, ça m’a tué. Beaucoup d’escalade dans la neige, les rochers, j’ai les pieds qui commencent à geler tellement je suis crispé, le cœur s’emballe, le stress est omniprésent… Ouf, on arrive sur un petit bout de plat puis une petite descente tranquille entre deux rochers (si je ne dis pas de bêtises je suis au niveau du Gendarme). 

Nous sommes côtés Nord et le brouillard se lève et ce n’est pas plus mal. Ça me permet de ne pas voir le kilomètre de vide qu’il y a juste à côté de moi.

L'un des passage les plus flippants...
L'un des passage les plus flippants...

J’arrive dans la partie la plus difficile de la course. La dernière montée. Je suis déjà épuisé par tout ce qu’on a déjà fait. Mais je ne m’arrête pas !

Je grimpe, je plante le piolet, les crampons, j’escalade ce petit couloir étroit à l’aide des dernières forces qu’il me reste. Plus que quelques mouvements, quelques mètres… j’aperçois entre les rochers la pointe de l’Aiguille… j’y suis presque…

Dernier couloir
Dernier couloir

Ça y est ! Je suis sur le plat ! Plus qu’une dizaine de mètres avant de monter l’échelle qui mène à la terrasse de l’Aiguille. Le dernier petit effort…

JE L’AI FAIT ! J’en ai chié ma race, mais je l’ai fait ! Quelle joie d’enlever les crampons après avoir autant mis mes nerfs à l’épreuve !

Il est temps maintenant de reprendre la cabine pour redescendre sur Terre…

Un immense merci à Fred Bernard, mon super guide qui m’a poussé (enfin surtout tiré) jusqu’au bout et qui a eu la patience de me supporter !

Infos pratiques

Départ : Téléphérique de l’Aiguille du Midi

Type : Boucle

Dénivelé : 300D+ / 300D-

Durée : Environ 3h

Cotation : AD 4a>3c II P2

Arrivée : Téléphérique de l’Aiguille du Midi

Mon retour d'expérience

De dieu, j’y ai laissé des watts sur cette sortie !

Je pense que le niveau était trop élevé pour une découverte de l’alpinisme, mais je l’ai fait et j’en suis fier.

La peur du vide m’ayant vidé de mes forces, je ne sais pas si je re-tenterai de suite des courses d’arêtes, mais plutôt continuer avec des cols, des sommets, des courses en montagne moins exposées.

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