Apprendre le parapente en 5 jours !

Voler est certainement le plus vieux rêve de l’homme. Il est (presque) devenu réalité avec tous les moyens de transport aériens !

Pour ma part, j’ai choisi le parapente pour m’envoyer en l’air, mais ça ne se fait pas comme ça en claquant des doigts. Il faut apprendre.

Retour sur mes débuts en tant que parapentiste.

Trouver son école

La première chose à faire quand tu veux voler en parapente, c’est de trouver une école. Ici, à Chamonix, il y en a deux principales : Air Sports et Les Ailes du Mont-Blanc. Je ne saurais dire laquelle est meilleure que l’autre, je pense que chaque école se vaut. Dans tous les cas, il est important de commencer à pratiquer avec des instructeurs diplômés qui sauront t’accompagner tout au long de ta formation.

Je me suis donc lancé dans l’aventure avec Les Ailes du Mont-Blanc et leur stage initiation de 5 jours à la fin duquel je serai capable de voler tout seul !

Toutefois, avant le stage, une petite règle s’impose…

Ce qu'il faut prévoir avant le stage

Le parapente est un sport à risque, c’est indéniable. Comme tous les sports, il faut un certificat médical délivré par un médecin, mais aussi, et surtout, une licence auprès de la FFVL (Fédération Française de Vol Libre).

Ici vous avez le choix entre plein de licences différentes. Si vous ne comptez faire qu’un stage, la licence stage 9 jours est suffisante. Si toutefois vous continuez de voler après la formation, alors la licence primo-licencié est celle à laquelle vous devez souscrire.

Lorsque vous prenez votre licence, vous souscrivez OBLIGATOIREMENT à la responsabilité civile et différentes options peuvent être ajoutées, pour vous assurer vous mais aussi votre matériel.

Grille tarifaire 2023
Grille tarifaire 2023

Une fois que tout le côté administratif est en règle, il est temps de préparer la tenue ! Des chaussures fermées qui tiennent au sol, une paire imperméable pour la rosée du matin si jamais, des vêtements respirants, short ou pantalon, t-shirt manches courtes ou manches longues (si vous prenez des manches courtes, préparez-vous à souffrir aux avant-bras…), gants légers, paire de lunettes de soleil, veste coupe-vent… et bonne humeur !

Déroulé de la formation

La formation se décompose en 3 parties : la théorie, la pratique au sol et les premiers grands vols.

La pratique au sol

On commence avec de la pratique au sol, du gonflage. Le gonflage consiste à simuler un décollage tout en restant au sol. C’est la partie la plus importante de la formation. Si cette étape n’est pas validée, il est impossible d’envisager de voler, ce qui parait logique puisqu’il s’agit du décollage.

Après des dizaines d’aller-retour en courant tel Naruto avec une voile au-dessus de la tête, je pense avoir compris comment fonctionnait une voile et je suis prêt à décoller !

Exercice de gonflage
Exercice de gonflage

Au gonflage s’ajoute également l’installation en sellette et la simulation d’atterrissage. À l’aide d’un portique, on accroche la sellette – le siège dans lequel on s’assied et sur lequel on accroche la voile – et on tente de s’installer sans faire de mauvaise manipulation. Une autre étape importante qui peut éviter de passer tout le vol debout avec les cuissardes qui remontent au niveau de l’entrejambe… (pour l’avoir expérimenté, c’est très désagréable…)

La théorie

Les exercices, c’est bien, mais sans la théorie finalement on n’y comprend pas grand chose. Au cours de ce stage, on apprend les bases du parapente. Comment lire un bulletin météo, quelles sont les conditions dans lesquelles on peut voler en tant que débutant, les procédures en cas de secours, de panne radio, etc.

Toutes ses informations sont, certes nombreuses, mais très importantes afin de pratiquer en toute sécurité.

À cela s’ajoute l’étude du plan de vol. C’est une étape cruciale avant de voler. Il s’agit en fait d’étudier les différentes étapes du vol à l’aide d’une photo aérienne du site. D’abord le décollage, on s’éloigne du relief, on rejoint la zone de perte d’altitude et là… c’est ici que le plus important commence.

Plan de vol Plaine-Joux
Plan de vol Plaine-Joux

Comment atterrir ? Pour cela, on utilise différents repères proches du terrain d’atterrissage et tous les usagers de celui-ci doivent respecter des règles d’approche, ce qu’on appelle la prise de terrain. La plus courante est la prise de terrain en U (la PTU), c’est-à-dire qu’on va perdre de l’altitude avant d’entrer en approche en branche vent arrière, faire un quart de tour autour du terrain pour entrer en base puis un deuxième quart de tour pour entrer en phase finale d’atterrissage.

Prise de terrain en U (PTU)
Prise de terrain en U (PTU)

Bien évidemment, il faut étudier le sens du vent à l’atterrissage pour savoir dans quel sens on va faire notre approche… mais pour le moment on va se laisser guider à la radio…

Les grands vols

Au quatrième jour, après avoir étudié toute la partie théorique et fait des dizaines de gonflages, il est temps de s’envoyer en l’air !

Pour moi, direction Passy – Plaine-Joux. D’abord au terrain d’atterrissage pour bien se représenter ce qu’on a vu sur la photo aérienne. Dans quel sens on va atterrir, les obstacles qu’il peut y avoir, les… vaches…

Après un dernier brief, on monte dans le camion direction le décollage ! Un bon quart d’heure de minutes de montée qui ne fait qu’accentuer le stress et nous voilà arrivés à Plaine-Joux. Il y a déjà du monde, toutes les écoles du coin s’y installent.

Après avoir démélé mes suspentes, je m’approche du gazon synthétique qui fait du déco de Plaine-Joux un spot de rêve pour apprendre. Je passe en dernier dans le groupe… le stress monte de plus en plus en voyant mes collègues partir.

C’est à moi. Élévateurs en main, voile prête, radio allumée. Cyrilde me fait face, fait un dernier check… 3, 2, 1… décollage ! 

Les instructions dans la radio sont claires. Check avec Hugues à l’atterro. Tout va bien, je peux faire mon premier vol sereinement.

Quelle sensation incroyable !! Rien d’autre ne peut procurer ça. Cette liberté, cette légèreté. Je me sens bien dans ma sellette.

Le vol est court, j’arrive en zone de perte d’altitude. Branche vent arrière… Base… Finale… Je suis de nouveau sur la terre ferme. Rien de cassé ? Tout va bien. 

J’ai fait mon premier grand vol.

Sur ces deux derniers jours de stage, j’ai pu effectuer 4 vols d’une dizaine de minutes et 750m de dénivelé. 

Ça y est. Je suis piqué par le parapente. Je n’ai qu’une hâte, c’est de recommencer…

Que faire ensuite ?

Après cette formation de 5 jours, dans laquelle j’ai pu faire 4 vols seul, plusieurs possibilités s’offrent à moi qui veux continuer.

Soit je me lance tout seul, soit je refais des stages pour prendre confiance et gagner en autonomie.

D’abord, il me faut du matériel. Après des heures de recherche, j’ai trouvé un pack pas trop cher, pour débuter. Enfin pas trop cher… Il y en a quand même pour plus de 2000 balles hein… Mais ça y est j’ai mon matériel !

Je décide de refaire des stages à la demie-journée pour progresser et essayer de me détacher de l’assistance radio. Cette fois-ci à Chamonix même, de Plan Praz au Bois du Bouchet. 5ème, 6ème, 7ème, 8ème vol. Des exercices de tangage, de roulis, une autonomie progressive.

Je me sens prêt à partir seul, pars avec une amie à ce même décollage, me lance et… me plante lamentablement. Accident. Gros orteil cassé. Saison d’été foutue. Je recommencerai l’an prochain…

Tout cela pour dire que tant que vous n’avez pas une confiance parfaite en vous, il est préférable de prendre des cours avec des instructeurs qualifiés plutôt que de risquer un accident. Certes, c’est cher, mais finalement, quel est le prix d’une vie ?

Suite à mon accident, j’ai repris un an après, en école, et ne me suis lancé en solo qu’à mon vingtième vol.

Prudence est mère de sûreté…

Premier vol solo

En bref

En bref, le parapente est un sport absolument incroyable mais qu’on ne fait pas n’importe comment. Il faut se former auprès de personnes qualifiée qui sauront vous mettre en confiance et vous apprendre tout le nécessaire pour voler en toute sécurité.

Ne brûlez pas les étapes, ne vous précipitez pas. Il vaut mieux prendre son temps que perdre celui qu’il nous reste.

Coordonnées des Ailes du Mont-Blanc

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